Entre les étés plus chauds, les envies de rester chez soi et le plaisir un peu fou de dire “c’est moi qui l’ai faite”, la piscine en autoconstruction attire de plus en plus. Mais on ne parle pas d’un petit bricolage du dimanche : c’est un vrai chantier, avec des choix techniques, des règles à respecter et une organisation solide. Le truc, c’est que tout se joue très tôt : une bonne planification, un choix du site malin et un budget réaliste évitent déjà 80% des galères. Ensuite, il faut enchaîner les étapes sans brûler les feux : excavation, radier, murs, pose de la structure, réseau hydraulique, étanchéité, finitions, puis le fameux remplissage d’eau… et enfin, l’entretien qui commence dès le premier jour.
Pour garder un fil conducteur, on va suivre le projet de Malik et Nora, un couple qui veut une piscine enterrée rectangulaire (8 x 4 m) dans un jardin de lotissement. Ils veulent une marche large “style détente”, un coin bain de soleil, et surtout un bassin simple à vivre. Leur objectif : avancer étape par étape, éviter les erreurs classiques (réseaux enterrés oubliés, niveaux approximatifs, matériel sous-dimensionné) et finir avec un résultat propre, durable et conforme. Si vous avez la même envie, ce guide vous donne une méthode claire, concrète, avec des exemples et des points de contrôle à ne pas zapper.
En bref
- 🧭 Une planification sérieuse (dimensions, options, budget, délais) évite les décisions “au pif” en plein chantier.
- 📍 Le choix du site dépend du soleil, des arbres, des accès et du terrain (pente, humidité, nature du sol).
- 🏛️ Selon la surface, il faut une déclaration préalable ou un permis de construire (et les règles locales peuvent ajouter des contraintes).
- ⛏️ L’excavation + fondations sont le cœur du projet : un niveau raté ici, c’est une piscine qui vous le rappelle pendant 20 ans.
- 🧱 La pose de la structure exige renforts, angles soignés et temps de séchage respectés (pas de course contre la montre).
- 🔧 L’installation de la plomberie et les tests sous pression évitent les fuites cachées derrière les murs.
- 🧪 L’étanchéité dépend du revêtement : liner/membrane (étanche) ou carrelage (structure à étancher d’abord).
- 🧱 Le remblayage propre et drainé protège la piscine et stabilise les abords.
- 🚿 Le remplissage d’eau se fait progressivement avec contrôles visuels (alignement, plis, déformations).
- 🧼 L’entretien se prépare dès la conception (local technique, filtration, accès, sécurité).
Planification d’une piscine DIY : définir le projet, le budget et les options
Avant de sortir la pelle, Malik et Nora se posent une question simple : qu’est-ce qu’on veut vraiment ? Parce qu’une piscine, ce n’est pas juste “un trou avec de l’eau”. Il y a le type de bassin (enterré ou hors-sol), la forme (rectangulaire, carrée, couloir, débordement simple), la profondeur (fond plat ou pente), et les options qui changent tout : escalier d’angle, plage immergée, banquette, nage à contre-courant…
Leur premier réflexe malin : faire un plan (même basique) et le confronter à la réalité du terrain. Un dessin à l’échelle, c’est bête comme chou, mais ça permet de vérifier les circulations autour du bassin, la place pour les margelles, et l’emplacement du futur local technique. Vous évitez aussi l’erreur classique : une piscine trop proche d’une haie, d’un mur, ou d’un accès qu’on utilise tous les jours.
Enterrée ou hors-sol : choisir selon vos contraintes (pas seulement selon le prix)
La piscine hors-sol est rapide à installer et souvent moins chère. Mais elle s’intègre moins bien dans le jardin, et sa durée de vie dépend beaucoup du modèle et du support. L’enterrée, elle, demande du terrassement, des fondations et une vraie approche structurelle, mais elle valorise généralement le bien et offre un confort incomparable.
Dans le cas de Malik et Nora, le choix est vite fait : ils veulent une intégration propre, une terrasse au niveau du sol, et un rendu “comme chez les pros”. Donc enterrée. Ils savent aussi qu’ils vont devoir être rigoureux sur l’exécution, sinon les économies se transforment en réparations.
Chiffrer sans se mentir : poste par poste, avec une marge “imprévus”
La planification financière, c’est là où beaucoup se plantent : on compte le béton et le liner, mais on oublie le drainage, les graviers, les tuyaux, les vannes, la tranchée technique, l’électricité, les margelles, et les petits achats qui finissent par faire un gros total. Ajoutez à ça la location d’une mini-pelle, les évacuations de terre, et parfois une étude de sol si le terrain est capricieux.
Une méthode simple : faire une liste des lots (terrassement, structure, hydraulique, filtration, revêtement, plages, sécurité) et ajouter une marge de 10 à 15% pour les surprises. Oui, ça pique, mais c’est beaucoup moins douloureux que de stopper le chantier à mi-parcours.
Tableau de repères : formalités selon la surface du bassin
Pour ne pas mélanger tout, gardez ce repère clair (et vérifiez toujours les règles locales, car elles peuvent être plus strictes). 🧾
| Surface du bassin | Démarche en mairie | À surveiller |
|---|---|---|
| Moins de 10 m² | Souvent aucune 🟢 | Règlement local, voisinage, distances |
| De 10 à 100 m² | Déclaration préalable 🟡 | Plans, implantation, délai d’instruction |
| Plus de 100 m² | Permis de construire 🔴 | Pièces plus nombreuses, délai plus long |
Le vrai “insight” ici : plus vos plans sont précis, plus l’instruction est fluide, et moins vous perdez du temps à répondre à des demandes de pièces complémentaires.

Choix du site et implantation : soleil, accès, niveaux et pièges du terrain
Le choix du site, c’est le moment où votre piscine devient un projet concret et pas juste une idée Pinterest. Malik et Nora ont d’abord visé “le fond du jardin”, parce que ça faisait joli. Sauf qu’en observant une semaine, ils ont vu que la zone prend l’ombre des arbres dès 16h. Pas idéal si vous voulez une eau agréable et une saison de baignade qui dure.
Ils déplacent donc l’implantation : plus proche de la maison, mais pas collée non plus, avec un bon ensoleillement et une circulation simple. Et tant qu’à faire, ils réfléchissent au bruit (pompe, filtration) et à l’intimité (éviter d’être pile dans l’axe du voisin).
Traçage au sol : cordeau, piquets, règle du 3-4-5
Une fois l’emplacement validé, on passe au traçage. Là, pas de magie : cordeau, piquets, bombe de peinture. Pour vérifier un angle droit sans matériel de géomètre, la règle du 3-4-5 est redoutable : si vous mesurez 3 m sur un côté, 4 m sur l’autre, la diagonale doit faire 5 m si l’angle est parfait.
Ensuite, le niveau. Un laser, c’est l’idéal. Un niveau à eau peut dépanner, mais il faut être patient. Pourquoi tant de précision ? Parce que votre ligne d’eau et vos margelles vont “parler” : le moindre défaut se voit, tout le temps.
Le point que tout le monde oublie : réseaux enterrés et contraintes invisibles
⚠️ Erreur fréquente : creuser sans repérage préalable. Entre l’eau, l’électricité, l’assainissement, parfois des gaines oubliées, vous pouvez tomber sur un vrai nid. Malik a failli attaquer une zone où passait une alimentation de garage. Heureusement, il a pris le temps de repérer, et de faire marquer ce qui devait l’être.
Autre contrainte invisible : l’eau de pluie et les zones humides. Si votre terrain retient l’eau, vous devez anticiper un drainage sérieux. Sinon, la pression de l’eau autour du bassin peut devenir un problème, surtout sur certaines saisons.
Penser l’usage : accès, local technique, et vie autour du bassin
Une piscine agréable, c’est aussi une piscine pratique. Où mettez-vous la douche ? Où passe la brouette ? Où stocker les produits ? Est-ce que le local technique sera accessible sans traverser tout le salon avec des chaussures pleines de terre ? Ces questions paraissent “détails”, mais elles font la différence sur la durée.
Gardez cette phrase en tête : une implantation réussie, c’est un bassin qui profite du soleil, reste simple à vivre, et ne vous complique pas l’entretien au quotidien.
Pour visualiser les erreurs courantes d’implantation et de niveaux, une vidéo de traçage peut aider à se caler mentalement avant de passer à l’action.
Excavation, fondations et radier : sécuriser 80% de la solidité du projet
Quand l’excavation commence, on a l’impression que “ça y est”. En réalité, c’est là que les ennuis peuvent naître si on va trop vite. Malik loue une mini-pelle pour deux jours, persuadé que ça suffira. Premier imprévu : la terre est plus lourde que prévu, et l’évacuation prend du temps. Deuxième imprévu : un coin du trou révèle un sol plus meuble, donc il faut adapter la préparation du fond.
Creuser juste : dimensions, surlargeur, et tranchées techniques
On creuse aux dimensions du bassin, en prévoyant la place pour travailler : structure, remblai, éventuellement drainage. Il faut aussi penser aux tranchées techniques pour les canalisations entre le bassin et le local technique. Si vous oubliez ça, vous finissez à re-creuser plus tard, et c’est rarement propre.
Le nivellement est non négociable : contrôles réguliers au laser, vérification des points hauts et bas, et correction avant de passer à l’étape suivante. Un fond mal préparé, c’est une dalle qui compense… et qui fatigue.
Le radier : dalle béton armé, pas “une simple chape”
Le radier, c’est la dalle au fond du bassin, généralement en béton armé. Elle encaisse les contraintes du sol, les variations d’humidité, et participe à la longévité de l’ensemble. Ferraillage, épaisseur adaptée, et coulage propre : c’est une étape qui mérite d’être traitée comme un chantier à part entière.
On entend parfois “ça ira bien” en réduisant l’armature ou en bâclant la mise à niveau. Mauvaise idée. Beaucoup de problèmes structurels viennent d’un terrassement ou de fondations mal réalisés : fissures, déformations, et complications sur le revêtement.
Drainage et gestion de l’eau autour du bassin
Si le terrain retient l’eau, un drainage périphérique peut protéger la structure et éviter les accumulations d’eau de pluie autour du bassin. C’est aussi un confort : le chantier reste plus propre, et le remblayage se fait sur une base plus saine.
Le point-clé : à cette étape, vous ne “gagnez” pas du temps, vous évitez surtout d’en perdre plus tard.
Pose de la structure, installation de la plomberie et tests : rendre le bassin “fonctionnel” avant de l’habiller
Après le radier, place à la pose de la structure. Malik et Nora hésitent entre panneaux modulaires, blocs à bancher, ou coffrage béton. Ils choisissent les blocs à bancher, parce que c’est robuste et assez “logique” à exécuter si on est soigneux. Par contre, ça ne pardonne pas l’à-peu-près sur l’alignement et les angles.
Murs, angles, renforts : le diable est dans les détails
Les murs doivent être montés avec une géométrie impeccable. Les angles sont renforcés, les joints sont traités proprement, et on respecte les temps de séchage. Le chantier a beau être DIY, le béton, lui, n’a pas envie de négocier. Si vous enchaînez trop vite, vous risquez de fragiliser l’ensemble.
Un bon réflexe : contrôler régulièrement les diagonales (pour la “mise au carré”), vérifier l’aplomb, et corriger avant que ce soit irréversible.
Installation de la plomberie : pièces à sceller et réseau hydraulique cohérent
L’installation de la plomberie se prépare comme un petit système industriel : skimmers, bonde de fond, buses de refoulement, prise balai, éventuelle nage à contre-courant… Le réseau relie le bassin au local technique, où se trouvent pompe et filtre. Si vous dimensionnez mal la filtration, vous le paierez en entretien : eau qui tourne, nettoyage plus fréquent, consommation inutile.
Les canalisations se posent proprement, avec des pentes et des rayons de courbure raisonnables. Le secret, c’est de limiter les pertes de charge : trop de coudes serrés, et la pompe force.
Tests sous pression : l’étape “pas sexy” qui sauve des semaines
Avant de fermer et de remblayer, on teste. Sous pression, on vérifie qu’il n’y a pas de fuite. Ça a l’air “parano”, mais imaginez une micro-fuite derrière un mur… que vous découvrez une fois la terrasse finie. Malik a fait le test et a repéré un collage approximatif sur une liaison : 10 minutes à corriger maintenant, au lieu d’un cauchemar plus tard.
L’insight à retenir : un bassin, ce n’est pas qu’une structure, c’est un réseau complet. Si le réseau est propre, tout devient plus simple ensuite.
Si vous voulez voir à quoi ressemble un montage de circuit hydraulique typique (skimmers, pompe, filtre, vannes), une démonstration en vidéo aide à visualiser l’enchaînement.
Étanchéité, remblayage, remplissage d’eau, aménagements et sécurité : finir propre et penser à l’entretien
Le moment où la piscine “devient belle” arrive avec le revêtement, mais c’est aussi une phase où on peut ruiner un chantier bien parti si on bâcle. L’étanchéité se décide selon la solution choisie. Malik et Nora veulent un rendu net, facile à vivre, sans se lancer dans une mosaïque qui demande une étanchéité béton parfaite et un budget plus lourd.
Choisir le revêtement : étanche par nature ou décoratif avec support étanche
Deux grandes familles :
- 🧪 Revêtements étanches : liner, membrane armée, résines. Ils forment une enveloppe qui retient l’eau directement.
- 🎨 Revêtements non étanches : carrelage, mosaïque, pierre. Là, la structure doit être rendue étanche avant, via un enduit ou un système dédié, sinon les infiltrations arrivent.
Ils partent sur une membrane (plus robuste qu’un liner d’entrée de gamme), avec une teinte claire pour limiter la chauffe excessive et garder une eau visuellement lumineuse. Ça joue aussi sur l’ambiance : une piscine, c’est un “coin de vie”, pas juste un volume.
Remblayage : stabiliser, drainer, et protéger les canalisations
Le remblayage se fait en respectant les matériaux (souvent gravier ou mélange adapté), en couches successives, avec compactage maîtrisé. L’objectif : éviter les tassements futurs qui fissurent une plage, créent des creux, ou tirent sur les tuyaux. C’est aussi le moment de protéger correctement les canalisations (lit de pose propre, avertisseurs si nécessaire, et cheminement cohérent vers le local technique).
Avec un drainage bien pensé, vous limitez les poches d’eau autour du bassin. Ça se ressent surtout lors des saisons pluvieuses : pas de terrain spongieux au bord, et moins de contraintes sur la structure.
Remplissage d’eau : lentement, en surveillant la réaction du bassin
Le remplissage d’eau se fait progressivement. On observe : le revêtement se met en place, on vérifie les alignements, on traque les plis (si liner/membrane), et on contrôle qu’il n’y a pas de comportement étrange sur les parois. Ce remplissage, c’est aussi un test grandeur nature : tout ce qui est mal fait tente de se révéler à ce moment-là.
Aménagements extérieurs et sécurité : le confort + la loi
Ensuite viennent margelles, terrasse, circulation, et intégration paysagère. Là, vous pouvez vous faire plaisir : pierre, bois, carrelage, plantes… mais sans oublier que l’eau éclabousse, que ça glisse, et que ça vit. Une terrasse belle mais impraticable, ça devient vite agaçant.
Côté sécurité, la règle est simple : au moins un dispositif conforme est obligatoire. Barrière homologuée, alarme, couverture, abri… Le choix dépend du budget, des enfants, et de votre manière d’utiliser la piscine. Malik et Nora optent pour une couverture motorisée : plus cher, mais super pratique pour la tranquillité et la température.
Penser entretien dès la fin du chantier : routine simple, eau stable
L’entretien commence dès le premier jour : filtration bien réglée, nettoyage, contrôle du pH, désinfection (chlore, électrolyse, etc.). Un bon local technique, accessible et rangé, change tout : si chaque action devient pénible, vous la repousserez… et l’eau ne vous attendra pas.
Phrase-clé pour terminer : une piscine réussie, c’est celle qui reste agréable après l’effet “waouh”, parce qu’elle a été pensée pour durer et se gérer sans prise de tête.
Peut-on construire une piscine soi-même sans être maçon ?
Oui, c’est faisable si vous êtes rigoureux, bien organisé et prêt à apprendre. Les étapes critiques (excavation, fondations, pose de la structure, étanchéité, installation de la plomberie) demandent de la précision. Beaucoup d’autoconstructeurs réussissent en avançant méthodiquement, en contrôlant les niveaux et en testant le réseau avant remblayage.
Quand faut-il un permis de construire pour une piscine ?
En France, le permis de construire est obligatoire en général quand la piscine dépasse 100 m². Entre 10 et 100 m², une déclaration préalable suffit le plus souvent. En dessous de 10 m², il n’y a souvent pas de démarche, mais il faut quand même vérifier le PLU et les règles locales (distances, zones protégées, etc.).
Faut-il forcément un local technique ?
Oui, dès qu’il y a une filtration classique. Le local technique abrite pompe, filtre, vannes et parfois le traitement automatique. Il peut être maçonné, préfabriqué, semi-enterré, ou intégré via des solutions compactes (bloc filtrant). L’important, c’est l’accès facile pour l’entretien, la ventilation et un cheminement hydraulique propre.
Quelle est l’erreur la plus coûteuse en autoconstruction ?
Bâcler le terrassement et les fondations. Un défaut de niveaux, un sol mal préparé ou un radier raté peut se traduire par fissures, déformations, ou problèmes d’étanchéité plus tard. C’est là que prendre son temps coûte moins cher que “gagner une journée”.
Comment éviter les fuites avant de fermer les tranchées ?
En faisant un test sous pression après l’installation de la plomberie et avant le remblayage. Cela permet de repérer un collage imparfait ou un raccord mal serré quand tout est encore accessible. C’est une étape un peu ingrate, mais c’est l’assurance la plus rentable du chantier.



